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08.04.2008
"On mise sur Gaspard Proust"
Article publié le 07/04/08 par Solène CORDIER
"Gaspard Proust, jeune humoriste de 31 ans, vient de remporter le prix jeunes talents du festival «Paris fait sa comédie». On mise sur ce jeune homme à l’allure de dandy et au style plus Desproges que Dubosc.
Son parcours
Gaspard Proust est d'ici et d'ailleurs. Né en Slovénie, il a passé la majeure partie de son adolescence en Algérie, avant de partir vivre en Suisse. Et depuis plus d'un an, le jeune homme a posé ses bagages à Paris. Du coup, quand on lui demande quelles langues il maîtrise, il répond dans un souffle: «slovène, français, allemand, anglais et italien». Même pas l'arabe!
Ses inspirations
Quand on le voit sur scène psalmodier des mots inventés, mêlant faux latin et allemand caricaturé, on se doute que le jeune homme -diplômé d'HEC- n'est pas franchement un fan de Bigard. Dur de lui arracher le nom d'un humoriste qui l'inspire. «Vivant?», demande-t-il l'air angoissé. Va pour les morts! Du coup, ce sera Desproges, dont il a noté avec émotion «qu’il a joué, comme lui, son deuxième spectacle au musée Grévin». Et puis il «rit beaucoup» en lisant Flaubert, Zola et Balzac, dont il aime «la richesse, la profusion, l’extraordinaire mécanique de l’écriture».
Son style
«Décalé-porno-chic» ou «imbécile contemporain», voilà comment Gaspard Proust aime à se définir. Sur scène, le jeune Slovène est tout de noir vêtu, il débite ses textes avec un air un peu gêné, et n’hésite pas à saisir une guitare pour appuyer ses critiques espiègles des «habitants du boulevard Saint-Michel». On se doute que les trois ans qu’il a passés comme gestionnaire de fortune lui ont fourni de la matière pour son spectacle!
Ses envies
Décrocher une chronique radio pour écrire au quotidien. Ecrire un livre, écrire pour Le Canard enchaîné… Ecrire, encore et encore.
Et aussi…
Rencontrer Michel Houellebecq, seul écrivain contemporain qu’il évoque dans ses sketches . «J’ai trouvé ‘L’extension du domaine de la lutte’ très drôle, et en même temps il me semble que Houellebecq écrit ce qu’il dénonce». En vrac, d’autres rencontres espérées : avec l’humoriste Xavier Demaison, le philosophe Alain Finkielkraut et Monique Canto-Sperber, directrice de l’ENS. Un brin élitiste, le Proust?
Sa devise
Celle-là, il en est fière, et se délecte en la prononçant : «J’aimerais garder la capacité de m’angoisser et le désir de ne jamais être satisfait pour pouvoir prétendre à l’être un jour». Espérons que le jeune homme, qui séduit sur scène par son côté candide, garde également la capacité de faire rire, tout simplement"
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